Qu'est-ce que la Gestalt-thérapie ?
Il arrive qu'une situation devienne difficile à vivre.
Certaines difficultés s'installent progressivement. D'autres apparaissent à la faveur d'un événement : une séparation, un conflit, un épuisement professionnel, un changement de vie ou une perte de repères.
Nous cherchons à comprendre ce qui nous arrive, à trouver des solutions ou simplement une manière d'avancer.
Et il arrive que, malgré ces efforts, quelque chose continue de se répéter ou de nous empêcher d'avancer.
C'est précisément là que la Gestalt-thérapie propose un autre regard.
Plutôt que de chercher uniquement pourquoi nous réagissons d'une certaine manière, elle s'intéresse aussi à comment notre expérience se construit, ici et maintenant, dans la rencontre avec notre environnement.
Cette manière d'aborder l'expérience constitue l'une des spécificités de la Gestalt-thérapie.
Elle ne réduit pas une personne à son histoire, à ses symptômes ou à ses difficultés. Elle cherche à comprendre comment émotions, pensées, sensations corporelles, relations et contexte s'organisent à un moment donné, et comment cette organisation peut évoluer.
La Gestalt-thérapie est une psychothérapie humaniste, relationnelle et expérientielle. Elle est aujourd'hui pratiquée dans de nombreux pays et continue d'évoluer en dialogue avec les recherches contemporaines en psychologie, en psychopathologie et en psychothérapie.
Une autre manière de comprendre l'expérience humaine
La Gestalt-thérapie repose sur des idées fondamentales qui renouvellent notre compréhension de l'expérience humaine.
Elles éclairent la façon dont nous construisons notre expérience dans la rencontre avec notre environnement et nous nous y ajustons en permanence.
Ensemble, elles dessinent une vision singulière du fonctionnement humain.
Dans de nombreuses situations, la question n'est plus seulement :
« Pourquoi est-ce que je réagis ainsi ? »
Elle devient également :
« Comment cette façon d'être se construit-elle aujourd'hui, dans cette situation et dans cette relation ? »
Deux personnes ayant traversé des événements comparables peuvent développer des façons très différentes d'habiter ces expériences. À l'inverse, des histoires de vie très différentes peuvent conduire à des difficultés relationnelles étonnamment proches.
La Gestalt-thérapie s'intéresse donc moins aux comportements pris isolément qu'aux processus qui leur donnent naissance.
Elle s'intéresse notamment à plusieurs questions :
- Comment une personne entre-t-elle en relation avec son environnement ?
- Comment reconnaît-elle ses besoins ?
- Comment s'ajuste-t-elle lorsqu'elle rencontre une difficulté ?
- Dans quelles situations des ajustements autrefois pertinents deviennent-ils limitants ?
Ces questions orientent le travail thérapeutique.
Cette manière de penser s'inscrit dans une démarche phénoménologique.
La phénoménologie consiste à décrire l'expérience telle qu'elle est vécue avant de chercher à l'expliquer. En Gestalt-thérapie, cela signifie que le thérapeute s'intéresse d'abord à ce que la personne perçoit, ressent et vit, sans appliquer immédiatement une interprétation.
Cette posture ne consiste pas à renoncer à toute compréhension.
Elle conduit d'abord à rencontrer l'expérience avec curiosité, afin de laisser émerger ce qu'elle révèle.
Une vision globale de la personne
Le mot Gestalt est d'origine allemande.
Il ne possède pas de traduction parfaitement équivalente en français. Selon les contextes, il peut évoquer une forme, une configuration, une organisation ou un ensemble porteur de sens.
Cette difficulté de traduction est riche de sens.
Elle rappelle qu'un phénomène ne peut être compris uniquement en additionnant les éléments qui le composent. Son sens émerge également de la manière dont ces éléments s'organisent entre eux.
Appliquée à la psychothérapie, cette idée conduit à considérer qu'une personne ne peut être réduite à ses symptômes, à son histoire ou à ses comportements.
Elle est un organisme vivant dont les dimensions corporelle, émotionnelle, cognitive, relationnelle et existentielle interagissent en permanence.
Une difficulté psychologique ne peut être pleinement comprise qu'en tenant compte de cette organisation d'ensemble.
Cette vision globale ne conduit pas à négliger les symptômes.
Elle invite plutôt à les replacer dans l'expérience globale de la personne afin de comprendre ce qu'ils expriment, ce qu'ils cherchent parfois à préserver et ce qu'ils révèlent de la manière dont elle s'ajuste à son environnement.
D'où vient la Gestalt-thérapie ?
La Gestalt-thérapie est née au milieu du XXᵉ siècle de la rencontre entre plusieurs disciplines et des auteurs qui ont profondément renouvelé la manière de penser la psychothérapie.
Cette histoire éclaire les fondements de cette approche et la singularité de son regard sur l'expérience humaine.
La Gestalt-psychologie : un héritage majeur
L'histoire commence dans l'Allemagne du début du XXᵉ siècle.
Les psychologues Max Wertheimer, Wolfgang Köhler et Kurt Koffka ouvrent une nouvelle manière d'étudier la perception.
Leurs travaux montrent que nous ne percevons pas le monde comme une juxtaposition d'éléments isolés. Notre cerveau organise spontanément ce qu'il perçoit en ensembles cohérents, auxquels il attribue une signification.
Cette école de pensée, appelée Gestalt-psychologie, ne constitue pas en elle-même une méthode de psychothérapie. Elle est un courant majeur de la psychologie scientifique consacré à l'étude de la perception et de l'organisation de l'expérience.
Elle fournit un cadre théorique qui influencera durablement la Gestalt-thérapie. Ses recherches montrent que la compréhension d'un phénomène ne peut se limiter à l'analyse de ses différentes composantes : elle suppose également de s'intéresser à leur organisation et aux relations qu'elles entretiennent entre elles.
Les fondateurs de la Gestalt-thérapie s'appuieront sur cette manière de penser pour l'appliquer non plus à la perception, mais à l'expérience humaine et à la psychothérapie.
Les principales influences
La Gestalt-thérapie ne s'est toutefois pas construite à partir de la seule Gestalt-psychologie.
Elle est également nourrie par les travaux du neurologue et psychiatre Kurt Goldstein, qui développe une conception globale de l'organisme vivant. Pour Goldstein, un symptôme ne peut être compris indépendamment du fonctionnement global de l'organisme. Cette approche exercera une influence durable sur la Gestalt-thérapie.
Les recherches de Kurt Lewin apportent une autre contribution majeure. Avec la théorie du champ, Lewin montre qu'un comportement ne peut être expliqué uniquement par les caractéristiques d'une personne. Il prend toujours sens dans l'interaction entre la personne et son environnement.
La philosophie phénoménologique, initiée par Edmund Husserl, influence également la Gestalt. Elle invite à décrire l'expérience telle qu'elle se présente avant de chercher à l'expliquer. Cette posture demeure l'un des fondements de la pratique gestaltiste.
La Gestalt-thérapie s'est également construite à partir d'un dialogue critique avec la psychanalyse. Plusieurs de ses fondateurs, notamment Frederick (dit « Fritz ») Perls, y ont été formés et en ont conservé certains apports, comme l'attention portée à l'histoire de la personne ou à ce qui échappe à la conscience immédiate.
Elle s'en distingue toutefois en développant une autre manière de penser le fonctionnement psychique : moins centrée sur des structures intrapsychiques considérées comme relativement stables que sur les processus relationnels par lesquels une personne construit son expérience dans la rencontre avec son environnement.
C'est de cette rencontre entre plusieurs traditions, mais aussi de ce dialogue critique avec les modèles qui l'ont précédée, que naîtra la Gestalt-thérapie.
Une naissance profondément collective
La Gestalt-thérapie est officiellement présentée en 1951 avec la publication de Gestalt Therapy: Excitement and Growth in the Human Personality, signé par Fritz Perls, Ralph Hefferline et Paul Goodman.
Longtemps, Fritz Perls est resté la figure la plus connue de la Gestalt-thérapie. Aujourd'hui, la contribution déterminante de Laura Perls est largement reconnue, notamment pour son influence sur la posture thérapeutique, le dialogue et la dimension relationnelle de la Gestalt..
Paul Goodman occupe une place tout aussi singulière. Écrivain, intellectuel et critique social, il contribue de manière déterminante à l'architecture théorique de l'ouvrage fondateur. Sa réflexion dépasse le seul cadre de la psychothérapie : il considère que les difficultés individuelles ne peuvent être pleinement comprises sans prendre en compte leur contexte social, culturel et politique. Pour lui, transformer la manière dont une personne entre en relation avec son environnement et transformer les conditions de cette relation relèvent d'un même mouvement. Cette attention portée au champ, à l'environnement et aux conditions dans lesquelles les personnes vivent contribue à donner à la Gestalt-thérapie une portée qui dépasse le seul fonctionnement psychique individuel.
Les notions de contact, de frontière-contact, de Self ou encore de champ organisme-environnement, au cœur de la Gestalt contemporaine, trouvent largement leur origine dans cette élaboration collective.
Elle ne naît pas d'une théorie unique, mais de la rencontre entre plusieurs disciplines et plusieurs auteurs qui élaborent ensemble une manière nouvelle de penser la psychothérapie.
Plus de soixante-dix ans après sa naissance, la Gestalt-thérapie continue d'évoluer en dialogue avec d'autres disciplines et les connaissances contemporaines. Cette ouverture constitue l'une des caractéristiques de son développement depuis ses origines.
Les principes fondamentaux de la Gestalt-thérapie
La Gestalt-thérapie s'appuie sur plusieurs concepts qui permettent de comprendre la manière dont une personne construit son expérience.
Ces notions peuvent sembler théoriques au premier abord. Pourtant, elles décrivent des réalités très concrètes, que chacun peut observer dans sa vie quotidienne.
Il ne s'agit ni d'une succession de techniques ni d'une boîte à outils. Elles forment un ensemble cohérent qui éclaire la manière dont nous rencontrons notre environnement, nous nous y ajustons et construisons progressivement notre expérience.
Comprendre ces principes permet de mieux saisir ce qui se joue au cours d'une psychothérapie en Gestalt.
Le contact : au cœur de l'expérience
Toute la Gestalt-thérapie s'organise autour d'une idée simple : nous existons toujours en relation avec notre environnement.
C'est ce que les gestaltistes appellent le contact.
Dans le langage courant, ce mot évoque souvent la relation avec les autres. En Gestalt, il possède un sens plus large.
Le contact désigne le processus par lequel une personne entre en relation avec son environnement et se laisse également affecter par lui : une autre personne, une situation, un souvenir, une émotion, une sensation corporelle, une pensée ou encore un événement.
Nous sommes en permanence en contact avec quelque chose.
Ce contact n'est jamais passif.
Il mobilise notre manière de percevoir, de ressentir, de penser et d'agir. Il évolue en permanence, au gré de ce qui émerge dans la situation.
La Gestalt considère que c'est à travers ce processus de contact que l'expérience humaine prend forme.
Autrement dit, nous ne vivons pas simplement des événements. Nous les vivons toujours d'une certaine manière, dans une rencontre singulière avec notre environnement.
Cette manière d'entrer en relation façonne profondément notre façon de percevoir le monde, les autres et nous-mêmes.
La frontière-contact : là où l'expérience prend forme
Si le contact est au cœur de l'expérience, où se produit-il ?
La Gestalt répond : à la frontière-contact.
Le terme peut sembler technique. Il désigne une réalité très concrète.
La frontière-contact n'est pas une frontière matérielle. Elle est un processus vivant et symbolique qui marque le lieu de rencontre entre une personne et son environnement.
C'est à cette frontière que se construisent nos perceptions, nos émotions, nos choix et nos relations.
Lorsque vous engagez une conversation, refusez une demande, accueillez une émotion ou prenez une décision importante, c'est à cette frontière que quelque chose se joue.
La Gestalt ne considère donc pas la personne comme un être isolé, séparé de son environnement.
Elle s'intéresse au contraire à ce qui se construit dans cette rencontre.
Cette perspective modifie profondément la manière de comprendre certaines difficultés.
Plutôt que de chercher uniquement ce qui « ne va pas » chez une personne, elle conduit à s'intéresser également à la manière dont celle-ci entre en relation avec son environnement, et à ce qui devient possible – ou difficile – dans cette rencontre.
À lire également : La frontière-contact : là où je deviens moi dans la rencontre.
Le Self : un processus vivant
Si le contact se construit à la frontière entre la personne et son environnement, qui est en contact ?
La réponse de la Gestalt est probablement l'une de ses propositions les plus originales : le Self.
Contrairement à une représentation fréquente en psychologie, le Self n'est pas pensé comme une instance intérieure qui existerait indépendamment des situations.
Dans Gestalt Therapy (1951), il n'est pas décrit comme une structure psychique ni comme une identité figée. Il désigne le processus vivant par lequel une personne entre en contact avec son environnement, s'y ajuste et construit son expérience.
Autrement dit, le Self ne préexiste pas à la rencontre : il émerge dans le contact avec l'environnement.
Cette conception constitue l'une des propositions les plus originales de la Gestalt-thérapie.
Vous n'êtes probablement pas exactement la même personne lorsque vous échangez avec un ami de longue date, lorsque vous prenez la parole devant une équipe ou lorsque vous découvrez un environnement inconnu.
Ces différences ne signifient pas que vous jouez plusieurs personnages.
Elles montrent que notre manière d'être se construit toujours dans une situation particulière, au contact de notre environnement.
La Gestalt-thérapie ne cherche donc pas à découvrir un « vrai moi » caché derrière les comportements.
Elle s'intéresse à la manière dont une personne construit son expérience, instant après instant.
Le champ : nous existons toujours dans un contexte
Si le Self émerge dans la rencontre avec l'environnement, alors cette rencontre ne peut être comprise indépendamment du contexte dans lequel elle se déroule.
C'est ce que la Gestalt désigne par le terme de champ.
Inspirée notamment des travaux de Kurt Lewin, la théorie du champ considère qu'un comportement ne peut être expliqué uniquement par les caractéristiques d'une personne.
Il prend toujours sens dans une situation.
Nous avons pourtant souvent tendance à expliquer ce que nous vivons en invoquant uniquement des caractéristiques individuelles.
« Je manque de confiance en moi. »
« Je suis anxieux. »
« Mon collègue est autoritaire. »
Ces formulations ne sont pas nécessairement fausses.
Elles restent toutefois incomplètes.
La Gestalt invite à élargir le regard.
Que se passe-t-il dans cette relation ?
Dans quel contexte cette difficulté apparaît-elle ?
Quelles contraintes, quelles ressources ou quelles interactions participent à cette situation ?
Le champ n'est pas un simple décor autour de la personne.
Il participe pleinement à son expérience.
Cette manière de penser conduit moins à rechercher une cause unique qu'à comprendre comment une situation se construit dans la rencontre entre une personne et son environnement.
L'ajustement créateur : la capacité à répondre aux situations
Si nous existons toujours dans un champ, comment répondons-nous aux situations que nous rencontrons ?
La Gestalt-thérapie pose une question simple :
À quoi cette manière d'être a-t-elle permis de répondre ?
Elle repose sur une idée fondamentale : chacune de nos façons d'être en relation s'est, à un moment donné de notre histoire, révélée pertinente pour faire face à une situation particulière.
Un enfant qui apprend très tôt à ne pas exprimer sa colère dans un environnement imprévisible développe peut-être une manière efficace de préserver le lien avec les adultes qui prennent soin de lui.
Une personne qui anticipe constamment les attentes des autres a parfois construit cette vigilance dans un contexte où elle constituait une ressource.
Ces manières de s'ajuster ne sont donc pas considérées comme des erreurs ou des défauts.
Elles sont comprises comme des ajustements créateurs : des réponses originales que l'organisme élabore pour maintenir le contact avec son environnement dans une situation donnée.
Quand un ajustement cesse-t-il d'être ajusté ?
Ce qui a permis de traverser une situation peut toutefois devenir moins adapté lorsque le contexte évolue.
Une manière de se protéger qui a longtemps été pertinente peut continuer à se reproduire alors que les conditions ont changé.
En Gestalt, on parle alors d'ajustement conservateur : une manière d'être, de penser ou d'entrer en relation qui a autrefois constitué une réponse créative à une situation donnée, mais qui tend désormais à se répéter, y compris lorsque d'autres possibilités seraient envisageables.
La Gestalt-thérapie ne cherche pas à supprimer ces ajustements.
Elle cherche d'abord à les comprendre : à quoi ont-ils permis de répondre ? Que protègent-ils encore aujourd'hui ? Dans quelles situations restent-ils pertinents ? Et dans quelles autres limitent-ils désormais la liberté d'action de la personne ?
Le travail thérapeutique consiste alors moins à corriger un comportement qu'à retrouver la capacité de créer de nouveaux ajustements lorsque la situation l'appelle.
Cette capacité suppose de développer ce que les gestaltistes nomment l'awareness, souvent traduite par conscience de l'expérience ou présence consciente : une attention vivante à ce qui se passe en soi, dans la relation et dans l'environnement, afin que de nouvelles possibilités d'ajustement puissent émerger.
La Gestalt considère également que la capacité à se différencier, à dire non ou à défendre ce qui est important pour soi participe pleinement du processus de contact. Les gestaltistes parlent à ce sujet de saine agressivité, au sens étymologique d'un mouvement qui permet d'aller vers le monde tout en s'en différenciant.
Le cycle du contact : comment une expérience se construit
Le contact n'est pas un état.
C'est un mouvement.
La Gestalt-thérapie décrit ce mouvement à travers ce que l'on appelle le cycle du contact, également nommé cycle de l'expérience.
Il ne s'agit pas d'un protocole thérapeutique ni d'une succession d'étapes que chacun traverserait mécaniquement.
Le cycle constitue un modèle qui permet de comprendre comment une expérience émerge, se développe, trouve son accomplissement puis laisse progressivement place à une autre.
Imaginons qu'une remarque d'un proche vous touche.
Vous prenez progressivement conscience de ce que vous ressentez. Les mots viennent peu à peu. Vous exprimez ce qui est important pour vous. Votre interlocuteur répond. L'échange trouve une forme d'aboutissement et vous pouvez passer à autre chose.
La plupart du temps, ce mouvement se déroule de manière fluide.
Mais il arrive aussi qu'une expérience reste inachevée.
Une émotion ne peut être exprimée.
Un besoin n'est pas reconnu.
Un conflit reste suspendu.
Une décision ne peut être prise.
Dans ces situations, quelque chose demeure en attente.
L'expérience peine à trouver son accomplissement et continue parfois d'occuper une place importante dans la vie psychique.
Le cycle du contact n'a pas vocation à faire entrer chaque personne dans un modèle théorique.
Il constitue avant tout une grille de lecture qui aide le thérapeute et la personne à comprendre où un mouvement s'interrompt, ce qui empêche son déploiement et quelles nouvelles possibilités peuvent progressivement émerger.
À lire également : Le cycle du contact : comprendre les étapes de l'expérience en Gestalt.
Une vision cohérente de l'expérience humaine
Le contact, la frontière-contact, le Self, le champ, l'ajustement créateur et le cycle du contact ne sont pas des notions théoriques destinées aux seuls professionnels.
Ensemble, ils dessinent une manière cohérente de comprendre l'expérience humaine.
Ils invitent à considérer qu'une personne ne peut être comprise indépendamment de la manière dont elle entre en relation avec son environnement, construit son expérience et s'ajuste aux situations qu'elle traverse.
Comment se déroule une séance de Gestalt-thérapie ?
La Gestalt-thérapie s'inscrit dans un cadre thérapeutique clairement défini.
Chaque accompagnement est singulier. Les séances ne suivent pas un déroulement identique d'une personne à l'autre. Elles se construisent à partir de la rencontre entre une personne, sa demande, le thérapeute et les principes qui fondent la Gestalt-thérapie.
Certains repères sont toutefois communs à la plupart des accompagnements.
Un espace pour explorer l'expérience vécue
Une séance commence généralement par ce qui est présent pour la personne.
Il peut s'agir d'un événement récent, d'une difficulté relationnelle, d'une émotion persistante, d'un conflit professionnel, d'un choix difficile ou, parfois, d'un malaise encore difficile à nommer.
Le travail ne consiste pas uniquement à raconter ce qui s'est passé.
Le thérapeute invite la personne à porter attention à la manière dont cette expérience est en train de se construire.
- Que ressentez-vous en évoquant cette situation ?
- Qu'est-ce qui attire particulièrement votre attention ?
- Que remarquez-vous dans votre corps ?
- Quelles émotions apparaissent ?
- Que se passe-t-il, ici et maintenant, pendant que vous racontez cette scène ?
Ces questions ne visent ni à analyser un discours ni à rechercher immédiatement une explication.
Elles permettent de développer ce que les gestaltistes nomment l'awareness, souvent traduite par conscience de l'expérience ou présence consciente : une attention portée à ce qui est vécu, dans toutes ses dimensions.
C'est souvent lorsque l'expérience devient plus claire que de nouvelles possibilités peuvent émerger.
La relation thérapeutique au cœur du travail
En Gestalt-thérapie, la relation thérapeutique n'est pas seulement le cadre dans lequel se déroule la psychothérapie.
Elle constitue le cœur même du travail thérapeutique.
Si notre manière d'être se construit dans la rencontre avec notre environnement, la relation entre le thérapeute et la personne accompagnée devient elle aussi un lieu où cette manière d'être peut être observée, comprise et parfois transformée.
Au fil des séances peuvent ainsi apparaître certaines façons habituelles d'entrer en relation : une hésitation à exprimer un désaccord, la difficulté à demander de l'aide, la peur de décevoir, le besoin de tout maîtriser ou, au contraire, la tendance à s'effacer progressivement.
Lorsque ces mouvements émergent, ils ne sont ni provoqués ni interprétés comme les signes d'un trouble particulier.
Ils deviennent des occasions d'explorer ensemble ce qui se construit dans la relation et d'en comprendre progressivement le sens.
Le thérapeute accompagne ce travail dans une posture qui articule soutien et confrontation.
Soutenir, c'est reconnaître les ressources de la personne, accueillir ce qu'elle traverse et offrir un cadre suffisamment sécurisant pour explorer son expérience.
Confronter, ce n'est ni juger ni mettre en difficulté. C'est attirer, avec délicatesse, l'attention sur un décalage, une contradiction, une évidence qui passe inaperçue ou une manière habituelle d'entrer en relation, afin d'ouvrir de nouvelles possibilités de compréhension et d'action.
La relation thérapeutique devient ainsi un espace vivant où il est possible d'expérimenter progressivement d'autres manières d'être en relation avec soi-même, avec les autres et avec son environnement.
Une présence active et ajustée
En Gestalt-thérapie, le thérapeute adopte une posture résolument dialogique.
Il écoute avec attention ce qui est dit, mais aussi la manière dont cela est exprimé, les émotions qui apparaissent, les sensations corporelles, les silences, les hésitations ou les changements qui se manifestent au cours de la séance.
Il peut, par exemple, partager une observation, proposer de ralentir, inviter à préciser une émotion ou une sensation, ou encore explorer avec la personne ce qui est en train de se vivre dans l'instant de la rencontre.
Lorsque cela est pertinent, et toujours avec son accord, il peut également proposer une autre manière d'explorer son expérience. Il peut s'agir, par exemple, de porter davantage attention à une sensation corporelle, de reprendre une phrase qui semble importante ou d'explorer différentes manières d'exprimer une émotion. En Gestalt, ces propositions sont parfois appelées des expérimentations.
Elles ne constituent pas des techniques appliquées de manière systématique.
Elles prennent sens uniquement lorsqu'elles servent le processus thérapeutique et ce qui émerge dans la relation.
La Gestalt-thérapie ne cherche pas à appliquer un protocole standardisé.
Elle cherche à créer les conditions qui permettent à une personne de rencontrer son expérience avec davantage de clarté, de liberté et de possibilités d'ajustement.
Un cadre thérapeutique clairement défini
Si chaque accompagnement est singulier, le cadre thérapeutique, lui, ne l'est pas.
La Gestalt-thérapie repose sur des règles qui garantissent la qualité et la sécurité du travail : confidentialité des échanges, régularité des séances, définition des responsabilités de chacun, respect du cadre temporel et engagement réciproque dans le processus thérapeutique.
Ce cadre ne constitue pas une contrainte extérieure.
Il crée les conditions nécessaires pour que la relation thérapeutique puisse se développer dans un climat de confiance, de sécurité et de continuité.
C'est à l'intérieur de ce cadre que chacun peut explorer son expérience et expérimenter de nouvelles manières d'être en relation.
Combien de temps dure une Gestalt-thérapie ?
Il n'existe pas de durée prédéfinie.
Certaines personnes consultent quelques mois pour traverser une période particulière de leur vie.
D'autres entreprennent un travail plus approfondi lorsque les difficultés concernent des schémas relationnels anciens, des souffrances persistantes ou des transitions importantes.
Le rythme des séances est défini conjointement avec le thérapeute et peut évoluer au fil de l'accompagnement.
L'objectif n'est pas d'aller le plus vite possible, mais de permettre aux évolutions engagées en séance de s'inscrire durablement dans la vie quotidienne.
Pour quelles difficultés consulter en Gestalt-thérapie ?
La Gestalt-thérapie peut être proposée dans des situations très diverses.
Elle ne s'adresse pas à une difficulté particulière, mais à des personnes qui souhaitent mieux comprendre ce qu'elles vivent, retrouver une capacité d'ajustement ou traverser une période de changement.
Elle peut notamment être pertinente lorsque la personne est confrontée à :
- des difficultés relationnelles qui se répètent ;
- une séparation ou un deuil ;
- un épuisement professionnel ou un burn-out ;
- une souffrance au travail ;
- une perte de repères ou une transition de vie importante ;
- une faible estime de soi ;
- des difficultés à poser des limites ;
- une anxiété persistante ;
- certaines formes de dépression ;
- un sentiment de blocage ou de répétition.
Cette liste n'est toutefois pas exhaustive.
La pertinence d'une psychothérapie ne dépend pas uniquement de la nature des difficultés rencontrées.
Elle dépend également de la demande de la personne, de ses attentes, de ses ressources, mais aussi de l'évaluation clinique réalisée lors des premiers entretiens.
Un premier entretien permet justement d'apprécier ensemble ces différents éléments et de déterminer si la Gestalt-thérapie constitue l'approche la plus adaptée à la situation.
En quoi la Gestalt-thérapie se distingue-t-elle des autres psychothérapies ?
Les différences avec la psychanalyse
La Gestalt-thérapie entretient un lien historique avec la psychanalyse.
Fritz Perls a lui-même été formé à la psychanalyse avant de contribuer, avec Laura Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, à l'élaboration de la Gestalt-thérapie. Celle-ci s'est construite à partir d'un dialogue critique avec ce courant, en conservant certains de ses apports tout en développant une autre manière de comprendre le fonctionnement psychique et le changement thérapeutique.
Les deux approches reconnaissent l'importance de l'histoire de la personne, des expériences précoces et de ce qui échappe à la conscience immédiate. Toutes deux considèrent également que la relation thérapeutique joue un rôle essentiel dans le processus de transformation.
Leur manière d'aborder ces questions diffère toutefois.
La psychanalyse s'intéresse traditionnellement aux conflits psychiques, à leurs déterminants inconscients et à la manière dont ils influencent la vie psychique actuelle.
La Gestalt-thérapie adopte une perspective davantage phénoménologique et relationnelle.
Plutôt que de chercher d'abord à interpréter les déterminants inconscients de l'expérience, elle s'intéresse à la manière dont celle-ci se construit dans le présent de la rencontre entre une personne et son environnement.
Cette différence se retrouve également dans la conception du Self.
Là où la psychanalyse s'appuie sur des modèles décrivant le fonctionnement de l'appareil psychique, la Gestalt considère le Self comme un processus vivant, qui émerge dans le contact avec l'environnement et se transforme au fil des situations.
La manière de concevoir la relation thérapeutique constitue également un point de distinction.
Dans les deux approches, elle est essentielle.
En Gestalt-thérapie, elle devient aussi un lieu où la personne peut observer, éprouver et parfois transformer sa manière d'entrer en relation. Le thérapeute adopte le plus souvent une posture plus dialogique et partage davantage ce qui émerge dans la rencontre lorsque cela soutient le travail thérapeutique.
Ces différences ne traduisent pas une opposition entre les deux approches.
Elles reflètent deux modèles théoriques qui proposent des lectures différentes de l'expérience humaine et continuent à nourrir le champ de la psychothérapie.
Les différences avec les thérapies cognitivo-comportementales (TCC)
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la Gestalt-thérapie figurent parmi les approches psychothérapeutiques les plus connues aujourd'hui.
Elles partagent plusieurs points communs.
Toutes deux s'appuient sur une collaboration active entre le thérapeute et la personne accompagnée. Elles cherchent à favoriser un changement durable et font l'objet de recherches scientifiques.
Leur manière d'aborder les difficultés diffère cependant.
Les TCC accordent une place centrale aux interactions entre les pensées, les émotions et les comportements. Elles proposent des stratégies permettant d'identifier certains fonctionnements qui entretiennent la souffrance et de les modifier progressivement.
La Gestalt-thérapie adopte une perspective centrée sur l'expérience vécue dans la relation entre la personne et son environnement.
Elle ne cherche pas seulement à comprendre ce que la personne pense ou fait, mais aussi comment elle construit son expérience, comment elle entre en relation avec son environnement et quelles nouvelles possibilités peuvent émerger dans cette rencontre.
Cette différence se retrouve dans le déroulement des séances.
Les TCC proposent généralement des objectifs thérapeutiques explicitement définis conjointement et une progression généralement plus structurée.
La Gestalt-thérapie s'inscrit, elle aussi, dans un cadre clinique rigoureux, mais laisse davantage de place à ce qui émerge dans la relation thérapeutique et dans l'expérience vécue au cours de la séance.
Ces différences ne signifient pas qu'une approche soit supérieure à une autre.
Selon la nature des difficultés rencontrées, les recommandations cliniques, les préférences de la personne et la manière dont elle souhaite être accompagnée, différentes approches psychothérapeutiques peuvent être pertinentes.
Au-delà de l'approche choisie, la qualité de la relation thérapeutique, les compétences du praticien et l'adéquation entre le cadre proposé et les besoins de la personne constituent des facteurs essentiels de l'accompagnement.
La Gestalt-thérapie partage ainsi avec les autres psychothérapies un objectif commun : accompagner la personne dans une diminution de sa souffrance et une amélioration de sa qualité de vie. Elle s'en distingue par la manière dont elle comprend l'expérience humaine et accompagne le processus thérapeutique.
Que dit aujourd'hui la recherche scientifique sur la Gestalt-thérapie ?
Comme la plupart des approches psychothérapeutiques, la Gestalt-thérapie fait l'objet de recherches visant à mieux comprendre son efficacité ainsi que les processus de changement qu'elle mobilise.
Pendant longtemps, elle a été moins étudiée que d'autres approches, notamment les thérapies cognitivo-comportementales. Cette différence tient en partie à son développement historique, mais aussi à la complexité méthodologique des recherches portant sur les psychothérapies relationnelles et expérientielles.
Depuis les années 2000, plusieurs publications ont contribué à structurer la recherche en Gestalt-thérapie, en précisant ses fondements théoriques, ses processus thérapeutiques et ses applications cliniques (Brownell, 2008 ; Roubal, 2016).
Les données actuellement disponibles suggèrent que la Gestalt-thérapie peut être bénéfique dans différentes situations, notamment pour certaines difficultés anxieuses ou dépressives, les difficultés relationnelles, la souffrance au travail, ainsi que pour le développement de la conscience émotionnelle, de la régulation émotionnelle et de la qualité de vie. Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence : le nombre d'études demeure plus limité que pour certaines autres approches et les méthodologies employées sont hétérogènes. Ils s'inscrivent plus largement dans les recherches consacrées aux psychothérapies humanistes, relationnelles et expérientielles.
La recherche s'intéresse également de plus en plus aux processus thérapeutiques susceptibles de contribuer au changement : la qualité de l'alliance thérapeutique, la présence du thérapeute, l'awareness, la régulation émotionnelle ou encore les ajustements qui se construisent dans la relation.
Ces travaux contribuent à mieux comprendre ce qui favorise le changement thérapeutique, au-delà des seules techniques utilisées.
Comme pour l'ensemble des psychothérapies, les connaissances scientifiques continuent d'évoluer. Les synthèses scientifiques et les recommandations de pratique clinique soulignent qu'aucune approche ne convient à toutes les situations. L'efficacité d'une psychothérapie dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels la nature des difficultés rencontrées, les compétences du thérapeute, la qualité de l'alliance thérapeutique et l'implication de la personne dans son accompagnement.
La Gestalt-thérapie poursuit ainsi son développement en dialogue avec la recherche contemporaine. Ce dialogue contribue à préciser ses modèles théoriques, à enrichir sa pratique clinique et à mieux comprendre les processus de changement qu'elle mobilise.
La Gestalt-thérapie chez UNÆMA
Chez UNÆMA, la Gestalt-thérapie est pratiquée par Marèva Alleaume, gestalt-praticienne formée à l'École Humaniste de Gestalt (EHG).
Sa pratique s'inscrit dans le courant de la Gestalt intégrative développé par l'École Humaniste de Gestalt. Cette approche s'appuie sur les fondements de la Gestalt-thérapie tout en les enrichissant des apports contemporains de la psychologie du développement, de la théorie de l'attachement, des neurosciences affectives et de la psychopathologie. Elle porte une attention particulière à la manière dont les expériences relationnelles, tout au long de la vie, influencent notre façon d'être en contact avec nous-mêmes, avec les autres et avec notre environnement.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à appliquer une méthode de manière standardisée, mais à offrir un cadre sécurisant pour explorer l'expérience vécue, comprendre les ajustements qui se sont construits au fil de l'histoire de la personne et soutenir l'émergence de nouvelles possibilités d'être, de choisir et d'entrer en relation.
Les consultations sont proposées au cabinet UNÆMA, au Diamant (Martinique), ainsi qu'en visioconférence, notamment pour les personnes résidant en métropole ou à l'étranger.
Un premier entretien permet de faire connaissance, de préciser votre demande, de répondre à vos questions et d'apprécier ensemble si la Gestalt-thérapie constitue un accompagnement adapté à votre situation.
Ce que la Gestalt-thérapie permet d'explorer
La Gestalt-thérapie invite à porter un regard renouvelé sur l'expérience humaine.
Elle considère que les difficultés ne prennent jamais naissance uniquement à l'intérieur de la personne, pas plus qu'elles ne peuvent être comprises indépendamment de son environnement. Elles s'inscrivent dans une histoire, des relations, un contexte et une manière singulière d'être au monde.
Dans cette perspective, la psychothérapie ne cherche pas seulement à soulager un symptôme ou à comprendre son origine. Elle offre un espace où ce qui est vécu peut être exploré, mis en mots et progressivement transformé.
Les évolutions qui émergent ne résultent pas de l'application d'une technique. Elles prennent appui sur une conscience plus fine de ce qui se joue dans la relation à soi, aux autres et à l'environnement, ouvrant de nouvelles possibilités de choix et d'action.
Depuis la publication de Gestalt Therapy en 1951, la Gestalt-thérapie n'a cessé d'évoluer. Elle continue de se développer grâce au dialogue entre la pratique clinique, la réflexion théorique et la recherche, qui contribuent à mieux comprendre ses processus thérapeutiques et à enrichir ses modèles.
Entreprendre une Gestalt-thérapie ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre.
C'est souvent apprendre à rencontrer ce qui est vécu avec davantage de clarté, à reconnaître les ajustements qui ont permis de traverser certaines situations de vie et à retrouver progressivement davantage de liberté dans sa manière d'être, de choisir et d'entrer en relation.
Pour approfondir la Gestalt-thérapie
Si vous souhaitez approfondir certains des concepts présentés dans cet article, vous pouvez poursuivre votre lecture avec les articles suivants :
- La frontière-contact : là où je deviens moi dans la rencontre
- Le cycle du contact : comprendre les étapes de l'expérience en Gestalt
Bibliographie
Texte fondateur
Perls, F. S., Hefferline, R. F. & Goodman, P. (1951). Gestalt Therapy: Excitement and Growth in the Human Personality. New York : Julian Press.
Ouvrages de référence
Masquelier-Savatier, C. (2008). Comprendre et pratiquer la Gestalt-thérapie. Paris : InterÉditions.
Robine, J.-M. (2004). S'apparaître à l'occasion d'un autre : études pour la psychothérapie. Bordeaux : L'Exprimerie.
Robine, J.-M. (2016). Self : une polyphonie de gestalt-thérapeutes contemporains. Bordeaux : L'Exprimerie.
Spagnuolo Lobb, M. (2013). The Now-for-Next in Psychotherapy: Gestalt Therapy Recounted in Post-Modern Society. Milan : FrancoAngeli.
Spagnuolo Lobb, M. (2019). « Relations. La connaissance relationnelle esthétique du champ : pour un développement du concept de conscience du présent en Gestalt-thérapie et dans la clinique contemporaine ». Cahiers de Gestalt-thérapie, 41(1), 82-97.
Recherche et pratique clinique
Brownell, P. (dir.). (2008). Handbook for Theory, Research, and Practice in Gestalt Therapy. Newcastle upon Tyne : Cambridge Scholars Publishing.
Francesetti, G., Gecele, M. & Roubal, J. (dir.). (2013). Gestalt Therapy in Clinical Practice: From Psychopathology to the Aesthetics of Contact. Milan : FrancoAngeli.
Roubal, J. (dir.). (2016). Towards a Research Tradition in Gestalt Therapy. Newcastle upon Tyne : Cambridge Scholars Publishing.

