Accompagner les managers en perte de sens - La place du coach
De nombreux managers savent tenir, décider et performer, mais perdent peu à peu le lien entre leur action et ce qui fait sens. Le coaching leur offre un espace pour clarifier, réajuster et retrouver une posture plus lucide. Il ne s’agit pas d’“en faire plus”, mais de remettre de la cohérence entre rôle, intention et responsabilité. Dans cette présence retrouvée, la décision devient plus juste - et la performance, plus durable.

Le coaching comme prévention : repérer les signaux faibles

Les managers d’aujourd’hui savent faire beaucoup de choses : piloter, décider, planifier, arbitrer. Pourtant, nombre d’entre eux décrivent une lassitude difficile à nommer : « Je tiens, mais je ne me sens plus vivant dans ce que je fais. » Cette fatigue morale ne relève pas que du volume d’heures : elle naît d’une distance entre l’action et le sens.

Le coaching n’est pas un gadget de performance. C’est un espace où l’on réintroduit de la conscience dans le mouvement, où le manager peut déposer, clarifier, ajuster. Non pour apprendre à « tenir plus », mais pour retrouver la justesse de sa posture professionnelle.

Avant le burn-out, il y a des signaux discrets : cynisme, irritabilité, perte d’élan, hyper-contrôle, difficultés de décision. Le coach aide à les identifier sans jugement. Les nommer, c’est déjà rouvrir la responsabilité – et la possibilité de choisir.

Dans les premières séances, on interroge le contexte : contraintes, injonctions, marges de manœuvre réelles. Puis on cartographie les priorités, les zones d’influence et les dépendances. Cet inventaire redonne de la structure là où l’esprit était saturé.

La prévention passe aussi par l’allègement du « surmoi managérial » : ce récit intérieur qui impose d’être exemplaire, rapide, disponible, infaillible. Le coach crée un cadre où l’on peut être compétent sans devoir être héroïque.

De la technicité à la posture : remettre du sens dans l’action

Beaucoup de managers sont très formés aux outils. Ce qui s’érode, c’est la posture : le lien à soi, aux autres, au sens du rôle. Le coaching travaille à ce niveau : présence, écoute, limite, intention.

On explore des questions simples et puissantes : « Qu’est-ce qui est vraiment de votre ressort ? », « Qu’est-ce que vous supportez seul, qui devrait être partagé ? », « Quel serait le plus petit pas juste cette semaine ? ». Ces questions déplacent la logique du « tenir » vers celle du « choisir ».

La posture se renforce quand le manager se reconnecte à ses repères internes – valeurs non négociables, besoins prioritaires, critères de décision. Ce retour au sens permet de décider plus vite et plus calmement.

Des repères concrets pour gagner en autonomie

Les managers ne manquent pas d’outils. Ils manquent souvent de repères fiables pour se situer et décider dans la complexité.

Deux repères, simples et puissants, aident à remettre de la clarté :

✔ La carte des zones d’action et d’influence

Cet outil distingue trois espaces :

  • ce que je peux agir,
  • ce que je peux influencer,
  • ce qui ne dépend pas de moi.

Cette cartographie permet :

  • de concentrer l’énergie au bon endroit,
  • de réduire la dispersion,
  • d’alléger la charge mentale,
  • de retrouver une posture claire dans des environnements flous ou complexes.

Elle crée immédiatement un espace respirable.

✔ La Communication NonViolente (CNV) comme cadre de clarification

La CNV, dans sa rigueur et sa précision, est un outil relationnel puissant pour :

  • poser une limite sans agressivité,
  • exprimer un besoin sans tension,
  • réduire les interprétations,
  • restaurer la co-responsabilité dans les échanges,
  • traverser les désaccords avec plus de clarté.

Elle transforme la qualité des interactions et recentre chacun sur sa responsabilité réelle.

Ces deux repères ne “résolvent” pas les situations à eux seuls.
Ils redonnent cependant un point d’appui solide pour se réorienter.

Mesurer autrement la performance de l’accompagnement

On peut évaluer un coaching sans le réduire à des KPI mécaniques. Indicateurs qualitatifs utiles : clarté des priorités ; diminution des urgences auto-créées ; capacité à dire non ; rythme de décision plus apaisé ; climat relationnel plus sûr ; satisfaction de l’équipe. Ces éléments, observables, signent un leadership plus lucide.

Le ROI ne se limite pas au chiffre : il s’incarne dans la baisse de la tension, la fluidité de coopération, la réduction des frictions invisibles (mails, réunions, rework). Un manager plus présent est un multiplicateur de valeur.

Accompagner un manager en perte de sens, c’est l’aider à retrouver le fil entre effort et intention. Le coaching n’est pas un palliatif ; c’est un lieu de réajustement et d’autonomisation. Quand la posture se raffermit, les outils redeviennent utiles, la relation respire, et la performance retrouve sa place : un moyen au service d’une mission claire.





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